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Damien Meunier
Heures vides
« En abordant la photographie seul, les nombreuses idées et projets qui alimentaient mon désir de photographier ne trouvaient pas d’écho dans l’action. Ne sachant pas réellement comment structurer ma démarche et procéder pour donner du sens et du poids (ne serait-ce que personnel) à mes photos, c’est le sentiment de piétiner qui me bloquait. C’est dans ce contexte que j’ai rencontré Savine. Très vite, Savine m’a aidé à mettre de l’ordre dans mes idées en me montrant qu’une photographie n’est pas issue d’un acte technique parfait, mais bien avant tout d’une intention ressentie que l’appareil aide à retranscrire. Nous avons ainsi travaillé en plaçant cette intention au centre des prises de vues, me poussant alors à clarifier mes démarches, à faire des choix de réglages et de cadrages, à me positionner dans l’espace pour traduire mon intention. Le travail s’est ensuite prolongé en étendant l’intention photographique à des séries de photos et à leur construction, faisant naître pour moi de nouveaux axes de réflexion autour de la place et du sens d’une photo dans une série et des liens, aussi bien graphiques que constructeurs de sens, se tissant entre les différentes photos d’une série.
La série présentée, Heures Vides, est le reflet du travail que nous avons effectué avec Savine. Le cadre général des photos a été pensé et réfléchi avant les prises de vues sur le terrain, à la manière d’un scénario écrit avant une réalisation. Certaines photos sont toutefois issues de prises de vue spontanées, une intention pouvant naître de manière soudaine. »
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La formation de Damien Meunier s'est construite autour de la double volonté de maîtriser la technique photographique et de trouver l'inspiration. Double contrainte également : se laisser sufisamment aller pour saisir l'instant comme il vient afin de faire naître l'étonnement, tout en contrôlant le résultat en termes d'exposition, de cadrage et de gestion du mouvement. Au cours de la formation, j'ai invité Damien à préciser son style et ses intentions : il a réalisé quelques séances mises en scène autour d'un mini scénario et privilégié les prises de vue de nuit en noir et blanc, où la lumière artificielle domine et crée une ambiance dure, profondément urbaine. À la fin de la formation, nous avons travaillé ensemble sur la cohérence de la série.
Le travail présenté est le beau résultat d'un parcours que de nombreux photographes empruntent : se donner les moyens techniques de matérialiser une intention, pour donner vie à une série où l'on oublie la technique au profit du résultat lui-même.
Heures vides : des silhouettes fugaces, un rôdeur peut-être ? Des passages fantômatiques et inquiétants, portés par un noir d'encre et des lumières de néon : le travail de Damien Meunier suggère une errance dans un temps hostile à l'humain.
S. D.
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