Portrait

A. Conde Reis

A une époque où chacun se prend et se voit en photo sans arrêt, je voulais créer des portraits plus bruts, plus directs, loin de l’image normée et lisse que chacun se fait de son propre visage. Pour faire cela, j’ai procédé ainsi : ne sachant pas au début ce que serait la série, j’ai organisé des séances de portraits d’une part, et des captures sur le vif d’autre part. Et ensuite, j’ai essayé d’en extraire ce que je voulais exprimer, en m’autorisant les recadrages exagérés à la façon de coups de ciseaux qui couperaient l’image que le modèle aurait voulu voir de lui-même. Alain.
Les recadrages d’Alain font que sur certains portraits, on arrive très près de la matière de l’image, d’où l’aspect pixellisé. Cette façon de faire supprime également tout le contexte de la scène, qui pourrait nous rendre compréhensible l’émotion en jeu, nous laissant devant des visages certes expressifs et proches au point d’en toucher le grain de peau, mais étrangers comme des mystères fermés à clé. Savine