Road shows

G. Degonse

« Directeur financier d’une société cotée, je voyageais deux fois par an pour rencontrer les investisseurs. Le but de ces road shows était de couvrir un maximum de villes en un minimum de temps. Cela les transformait en décors insaisissables : quand j’étais disponible, les villes dormaient ou s’éveillaient à peine. Et dans la journée, nous redevenions prisonniers du programme et ne pouvions les voir que par la fenêtre d’un bureau ou le hublot d’un avion. Théâtre perpétuel où l’un sort quand l’autre rentre. Au départ, je voulais prendre des photos pour ramener des souvenirs. Mais, plus j’essayais de fixer les villes traversées, plus elles m’échappaient. Je fus attiré par le contraste entre ces journées minutées, efficaces et des lambeaux de nuits libres de toutes contraintes et déstructurées par les décalages horaires. Bientôt ce fut un jeu : jour-nuit, jour-nuit, dans lequel je trouvais enfin une liberté, un plaisir et un équilibre entre ce que je donnais et ce que je prenais. » Gérard