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Projection des sélections Voies OFF

 

Chaque année à Arles, le festival Voies OFF organise des projections gratuites et en plein air pour faire découvrir les talents émergents de la photographie.

La projection extérieure sous forme de diaporama en musique est une forme de présentation de la photographie que j’aime tout particulièrement. Mon côté nostalgique du drive in, sans doute. Mais elle a malheureusement beaucoup d’inconvénients : un rythme obligé de découverte des photographies, l’impossibilité de s’imprégner d’une image qu’on aime, ou de se souvenir d’un nom qui nous a marqué (le festival Voies OFF ne distribue pas le programme détaillé de chaque projection) : tout cela laisse malheureusement un goût de trop peu.

Ou était-ce le contraire ? Entre le rythme des images, leur quantité, l’aspect disparate de certaines séries proposées et leur esthétique de zapping photographique, je me suis sentie débordée par le flot d’images.

Et quand un spectateur se sent débordé, c’est toujours au détriment des travaux, finalement. Ceux qui sont plus difficiles d’accès, qui auraient nécessité ou mérité du temps, une explication, passent à la trappe au profit de séries cohérentes, laissant un souvenir saillant.

Je ne pourrai donc aujourd’hui vous parler que des deux séries qui ont laissé une trace dans ma mémoire visuelle. Tout d’abord le travail du polonais Tomasz Lazar (cf ci-dessous), qui m’a intriguée : un noir et blanc au charbon, des photographies étranges, sans contexte, comme faites en complet décalage avec le monde environnant. Vivifiant. J’aimerais les revoir pour approfondir l’impression fugace que j’ai pu en avoir.

Tomasz Lazar

 

Je me souviens également du travail de Grégoire Cheneau. Sa série de portraits, au premier regard peu travaillés au niveau de la forme ou de la lumière, a rapidement capté mon attention, pour un détail récurrent et à chaque fois dérangeant : les mains des modèles. Crispées, triturées, recroquevillées, elles parlent autrement que les yeux des personnages, plissés et fendus comme sur les peintures de Giotto.

 

Grégoire Cheneau Giotto

 

Je reste persuadée que les autres séries présentées avaient certainement aussi des qualités, mais qu’elles auraient gagné à être mieux sélectionnées afin de survivre, dans la mémoire, au bombardement d’images que représente une projection photographique.

 

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